23.

L’Altération

Le lendemain, il fut annoncé qu’une cueillette de fruits devait être organisée dans la forêt, à l’extérieur de l’île. Matt se souvint des explications de Tobias, c’étaient les expéditions les plus dangereuses, là où il se produisait le plus d’accidents, voire de tragédies.

Doug annonça pendant la réunion dans la grande salle que, comme d’habitude, ils effectueraient un tirage au sort pour désigner les cueilleurs. Dans une grande marmite on avait réuni tous les rectangles de bois gravés au nom de chaque Pan de plus de douze ans  – il fallait avoir dépassé cet âge pour y participer, à cause des risques et des efforts physiques nécessaires  – mais celui de Matt ne fut pas ajouté à la liste, Doug estimant qu’il n’était pas encore prêt physiquement. Conscient des risques, Matt ne protesta pas, bien qu’il se sente en forme. Il préférait attendre la prochaine cueillette.

Dix noms des douze participants nécessaires étaient déjà tombés lorsque Doug lut un autre rectangle de bois tiré au hasard par son frère Regie :

— La onzième sera Ambre Caldero.

Matt sursauta. Pas Ambre. Maintenant qu’on lui avait dépeint ces sorties dangereuses il ne voulait pas que ses amis prennent autant de risques. Mais c’est la règle ici. Je ne peux rien y changer. Mais je peux m’assurer qu’elle est en sécurité !

Aussitôt la réunion achevée, Matt alla voir Doug pour l’informer qu’il accompagnerait Ambre dans sa mission.

— C’est bien que pour ma première sortie je ne sois pas seul, expliqua-t-il, nous serons deux et je t’assure que je ne ferai pas d’efforts superflus.

Doug protesta mais, face à la détermination de Matt, il comprit qu’il ne servait à rien d’insister.

— Fais comme tu veux, abdiqua-t-il, je ne peux pas t’ordonner de rester. Mais c’est une idée stupide, je te l’aurai dit. Et tu ferais mieux de rester avec quelqu’un comme Sergio, il est costaud, s’il y a un problème il pourra te protéger.

Matt se garda bien de préciser qu’il y allait justement pour protéger Ambre. Et il fila auprès de la jeune fille. Il apprenait à la connaître et sut d’emblée qu’il ne fallait surtout pas lui présenter sa présence telle qu’il la voyait : Ambre en vulnérable et lui en protecteur risquait de la mettre en colère. Elle détestait qu’on la dise faible ou fragile.

— J’ai parlé à Doug, je viens avec toi, lui dit-il. Ça va me familiariser un peu avec l’extérieur et, pour ma première sortie, c’est bien que je sois avec quelqu’un de confiance.

Le lendemain matin, ils étaient treize sur le pont, à regarder leurs camarades actionner les rondins puis la plaque de tôle pour leur permettre de quitter l’île. C’était le petit matin, des volutes de brume flottaient au-dessus du bras du fleuve, comme autant de danseurs éthérés. Matt avait revêtu son pull, il faisait frais, et remis son manteau mi-long noir, l’épée chargée sur le dos. Plume l’observait avec un regard triste. Il avait décidé de ne pas l’emmener, il ne souhaitait pas lui faire courir le moindre risque. Autour de lui, chaque cueilleur portait un large panier en osier.

Une fois de l’autre côté, Matt découvrit un sentier à peine visible tant la végétation le recouvrait. Ils marchèrent vingt minutes durant à travers une forêt extrêmement dense avant de se scinder en deux groupes, l’un au nord, l’autre au sud. Lorsque apparurent les premiers arbres fruitiers, chacun partit dans sa direction, Matt suivit Ambre et, très vite, constata qu’il avait perdu de vue les autres.

— Pourquoi ne faites-vous pas des groupes ? demanda-t-il à Ambre.

— C’est ce qu’on faisait au début, mais on s’est aperçus que ça attire les prédateurs. Et quand on s’enfuyait, dans la panique certains se perdaient et devenaient des proies faciles. Maintenant on se sépare pour aller plus vite et limiter les risques.

La forêt était plus aérée ici, le soleil maussade du matin parvenait à poser un voile tiède sur les branches, et même sur l’herbe. Matt aida Ambre à remplir son panier de prunes et de baies violettes qu’il ne connaissait pas. Ils le rapportèrent sur le sentier où d’autres paniers, certains pleins, d’autres vides, attendaient. Lucy, la fille aux immenses yeux bleus, arriva de l’île avec un panier vide, le remplaça par un plein, et s’en retourna. Ambre troqua le sien, plein à ras bord, contre un vide. Ainsi fonctionnait la mécanique de la cueillette. En moins d’une matinée, ils parvenaient à récolter de quoi nourrir les Pans de l’île pendant plus d’une semaine.

— Tu t’entends bien avec les autres filles de ton manoir ? questionna Matt en marchant.

— Ça va. On trouve un peu tous les comportements, c’est normal. Gwen, la fille qui a une altération avec l’électricité, est vraiment une chouette copine. Je n’arrive pourtant pas à lui avouer que tous les poils de son corps se hérissent la nuit, elle se croit… guérie, comme si c’était une maladie. Lucy, qui était dans le sentier tout à l’heure, est sympa. Et puis, on a les pestes, Deborah et Lindsey. La vie en communauté quoi !

— Tu… tu n’as jamais peur ?

— Peur ? Peur de quoi ?

Matt désigna le paysage sauvage qui les entourait :

— De tout ça, de l’avenir dans ce nouveau monde.

Ambre prit le temps de réfléchir avant de répondre :

— Franchement ? Je crois que je le préfère à l’ancien.

— Ah bon ?

Le regard de la jeune fille lissa le sol, elle avançait en contemplant ses pieds.

— Mon beau-père était un gros con, dit-elle soudain. (Et son ton de colère froide ainsi que sa grossièreté figèrent Matt.) Ma mère n’a rien trouvé de mieux que de tomber amoureuse du champion de bowling de notre ville, tout un programme ! Sauf qu’il ne descendait pas que des quilles, comme disait ma tante. Il buvait et devenait agressif.

— Il te battait ? osa demander Matt avec le plus de douceur possible.

— Ça non ! Mais il cognait sur ma mère. (Ambre se tourna pour observer son compagnon) Ne fais pas cette tête, si elle avait voulu, elle aurait pu le quitter, mais elle l’aimait tellement qu’elle lui pardonnait tout, même l’impardonnable.

Ils partagèrent un long silence, seulement habité par le pépiement des oiseaux.

— Tu comprends pourquoi je n’ai pas de regrets sur ce…

Matt, du coin de l’œil, la vit qui séchait rapidement une larme. Et sans réfléchir il posa la main sur l’épaule de son amie.

— Ça va, ça va, répéta-t-elle. Tu sais, je crois que dans ce monde qui s’offre à nous, tout est à faire, il y a de la place pour tout le monde, tous les caractères, toutes les ambitions, il suffit de trouver le rôle que l’on veut jouer.

— Tu as trouvé le tien ?

— Oui. J’attends d’avoir seize ans, c’est l’âge minimum pour devenir Long Marcheur.

— Tu veux sillonner le pays comme eux ?

— Oui. Apporter les nouvelles, guetter les changements de la nature, espionner les déplacements de nos ennemis, et raconter de site en site toutes nos découvertes.

— C’est dangereux.

— Je sais, c’est pour ça que les Pans ont décrété qu’il fallait au moins seize ans, pour avoir une chance de survivre. Chaque mois, des Longs Marcheurs disparaissent, on ne les revoit plus, et chaque mois de nouveaux ados se portent volontaires. Je trouve ça génial.

Matt ne sut que répondre. Il était inquiet. Allait-il perdre son amie ? Il se rendit compte que l’imaginer quittant l’île Carmichael un jour lui crevait le cœur. Était-ce Ben qui lui avait farci le crâne avec ces idées ? Où était-ce par… amour pour lui qu’elle voulait marcher dans ses pas ? Matt aurait voulu lui en parler, aborder le sujet, mais, n’osant pas, il demeura silencieux le reste de leur marche.

Au bout de deux heures, Ambre et Matt avaient dû s’enfoncer assez loin dans un verger naturel pour débusquer des pommes mûres, et la jeune fille sifflotait en remplissant son panier. Matt, quant à lui, était grimpé dans un arbre pour ne pas laisser les fruits les plus hauts se perdre. Il les lançait un par un dans le cercle d’osier sous ses pieds, à côté de son épée qu’il avait laissée au sol pour pouvoir escalader. Il se sentait plein de mélancolie, ses parents lui manquaient. Et puis il ressassait ce que Ambre lui avait dit, son désir de partir, Matt songeait à Ben avec jalousie. Pourquoi ne parvenait-il pas à aborder le sujet avec elle ? Il était si simple de lui dire : « Hey, en fait je me demandais : c’est Ben qui t’a donné cette idée folle de devenir Long Marcheur ? » Pourtant rien ne sortait de ses lèvres. Il brûlait d’envie de la questionner, savoir ce qu’elle lui trouvait, si elle l’aimait bien… Bien sûr qu’elle l’aime bien ! J’ai bien vu comment elle le regardait ! Elle buvait ses paroles ! Matt secoua la tête. Il était ridicule. Je me fais honte. Tout ça pour… une fille.

Après tout, cela ne le regardait pas.

Une nuée d’oiseaux s’élancèrent des arbres alentour, s’envolant brusquement pour d’autres horizons.

Si j’étais l’un d’eux, tout serait plus facile ! Voler… décoller dès que je ne suis pas satisfait pour me chercher un endroit plus confortable. La vraie liberté !

La fuite, réalisa-t-il. Ce dont il rêvait c’était de pouvoir fuir sans cesse. Ce n’était pas une solution.

Une grosse branche craqua quelque part au sol. Tout près.

Matt fouilla la forêt du regard… Et se figea. Le sang glacé.

Une forme trapue, de la hauteur d’un homme mais dégageant la puissance d’un taureau, s’approchait d’Ambre, par-derrière. Le visage plissé, les joues tombantes, les yeux réduits à deux minuscules fentes sous les couches de peau pendante… c’était un Glouton !

Il portait un gros sac de toile sur l’épaule et un gourdin taillé dans une bûche dans l’autre main. Matt le vit baver en levant le bras, prêt à frapper Ambre. Il semblait si costaud qu’un seul coup allait lui fendre la tête, lui ouvrir le cerveau.

Matt sauta sur la branche du dessous, puis sur la suivante et en moins de deux secondes il était à terre, tenant une pomme entre les doigts. Il hurla :

— Dégage ! Pourriture !

Le Glouton pivota et les plis de son visage s’étirèrent sous l’effet de la surprise. Matt lança sa pomme de toutes ses forces, si fort en fait qu’elle ne put rebondir sur lui mais éclata complètement en heurtant le nez monstrueux. Ambre s’était jetée dans les fougères.

Le Glouton, aussi étonné que sonné, ne vit pas Matt qui venait de ramasser son épée et la sortait du baudrier en se ruant sur lui.

La lame fendit l’air. La pointe s’enfonça dans le ventre du Glouton qui se mit aussitôt à beugler en lâchant ses affaires. Il saisit Matt à la gorge et serra, beuglant toujours.

Non ! Pas ça ! Pas encore ! paniqua Matt. Et il repoussa l’avant-bras couvert de verrues d’un puissant coup de coude. Dans la foulée, il dégagea la lame des chairs ouvertes. Du sang se mit à ruisseler sur les loques du Glouton qui continuait de hurler autant de douleur que de rage. Matt opéra un moulinet avec son épée qui dans le feu de l’action lui semblait beaucoup plus légère. Elle trancha net le poignet du Glouton.

Les hurlements redoublèrent.

Le sang jaillit en un épouvantable geyser.

Horrifié, Matt recula, trébucha, et s’effondra dans les hautes herbes.

Alors surgit un autre Glouton, grondant et poussant un cri de guerre. Il brandit une lourde massue au-dessus de Matt et le garçon paniqué n’eut que le temps de voir la créature colossale tirer sur ses bras pour abattre la pointe en silex sur lui.

Il ne parvint même pas à fermer les yeux, il sut seulement avant que la pierre ne s’encastre dans son crâne, que le choc allait être terrible. Mortel.

Il entendit alors Ambre s’époumoner :

— Noooooooooooon !

Une branche fouetta l’air, frappa le Glouton au visage et le renversa avant qu’il puisse toucher Matt. Un bruit d’os cassé et le son mat d’un corps qui s’effondre.

Matt cligna des paupières.

Il était en vie. Sain et sauf.

Il se redressa, chercha autour de lui la présence du secours providentiel. À ses pieds, le premier Glouton gémissait en se vidant de son sang, les entrailles glissant peu à peu en dehors de son ventre blessé. Matt réprima un haut-le-cœur et s’écarta.

— C’était quoi ? Qu’est-ce…, commença-t-il avant de voir le visage stupéfait d’Ambre. Hey, ça va ?

— Je… c’est… moi…

Elle semblait en état de choc, la bouche ouverte, le regard papillonnant.

— Calme-toi, il faut filer. Ces deux machins n’étaient peut-être pas tout seuls, allez viens.

Il ramassa son épée et le baudrier, saisit Ambre par la main et la tira pour s’éloigner le plus vite possible.

Une fois sur le sentier, Ambre parvint à dire :

— C’est moi qui ai lancé la branche.

— Et je te dois une sacrée chandelle !

— Sans la toucher, ajouta-t-elle.

Cette fois, Matt s’arrêta.

— Quoi ? Tu es en train de me dire que…

Elle hocha la tête, vivement.

— Oui, j’ai crié, j’ai voulu faire quelque chose, et j’ai pensé de toutes mes forces à lui balancer l’énorme branche qui était par terre. Et ça s’est produit exactement comme ça, sans même que je me lève.

Avec le recul, Matt revit la scène. En effet, ce qui avait frappé le Glouton était massif, trop lourd pour être soulevé et projeté aussi violemment à la seule force de ses bras.

— Alors ça ! souffla-t-il. Écoute, pour l’instant n’en dis rien à personne, c’est notre secret, d’accord ? Mais il faut tout de même sonner l’alarme, que tout le monde regagne l’île en vitesse.

Ils coururent en ameutant tout le monde. Les cueilleurs se rassemblèrent et regagnèrent le pont qu’on s’empressa de fermer, doublant la garde dès leur arrivée.

La nouvelle ne tarda pas à faire le tour de l’île et on vint les voir, s’assurer qu’ils allaient bien. Et lorsque Matt annonça qu’ils avaient tué deux Gloutons, les regards s’illuminèrent. Matt raconta l’affrontement, ajoutant que Ambre avait eu le sang-froid de ramasser une branche pointue et de l’enfoncer dans l’œil du second Glouton, jusqu’au cerveau. Les acclamations fusèrent, on les félicita longuement, avant qu’ils puissent à nouveau être seuls.

C’est seulement à ce moment que Matt se sentit vraiment mal. Il se rejoua la scène en mémoire, les cris du Glouton auquel il avait sectionné la main, et tout ce sang, cette souffrance se mirent à tournoyer dans son esprit. Heureusement, il n’avait pas croisé le regard du monstre, heureusement, se répétait-il.

Lorsqu’il voulut avaler quelques pâtes, dans l’après-midi, le sang et les cris n’avaient pas cessé de le hanter et il se leva pour aller vomir aux toilettes.

Plus tard, Tobias le trouva assis sur le muret de la terrasse, derrière le manoir, à contempler le soleil de fin de journée, le visage fermé. Plume était couchée à ses côtés, la tête sur les cuisses de son jeune maître. Matt la caressait doucement.

— Comment tu te sens ?

Matt fit la moue et réfléchit avant de dire :

— Vidé.

— Ça a été dur, pas vrai ?

Matt hocha lentement la tête.

— La… violence, c’est pas comme dans les films, Toby. Je déteste ça. (Il leva ses paumes devant lui et les contempla.) J’ai l’impression de sentir encore les vibrations de ma lame qui s’enfonce dans ses organes.

Tobias, ne sachant que répondre, s’assit près de lui, et ensemble ils guettèrent le soleil qui déclinait, colorant leurs visages de voiles orangés.

Une haute fenêtre de l’Hydre s’ouvrit, et les deux garçons reconnurent la chevelure flamboyante d’Ambre qui se penchait pour les observer. Elle leur fit de grands signes pour qu’ils la rejoignent, et ils se levèrent sans se faire prier. Plume les suivit jusqu’à l’entrée de l’Hydre, puis les quitta pour repartir vers la forêt.

La chambre de la jeune fille était spacieuse, tout en bois, décorée de rideaux blancs et de tentures vertes qui créaient des séparations entre le lit, les canapés et un vaste coin-bureau. Ambre avait suspendu des lanternes à bougies un peu partout pour diffuser une ambiance chaleureuse. Elle s’était changée, à présent emmitouflée dans une robe de chambre en satin. Ses cheveux emmêlés donnèrent à penser à Matt qu’elle avait passé une partie de l’après-midi allongée. Elle aussi ne devait pas se sentir bien. Elle les entraîna vers les gros canapés confortables.

— Je voulais vous parler, déclara-t-elle en s’asseyant et en ramassant ses jambes sous elle. J’ai beaucoup réfléchi à ce qui s’est produit ce matin. Je crois que l’altération  – c’est le nom que je vais définitivement donner à ce phénomène  – touche tout le monde.

— Qu’est-ce qui te fait dire ça ? demanda Tobias.

— Beaucoup de Pans, à tour de rôle, se sont plaints de ne pas être bien, et ça continue.

Elle fixa Matt.

— Ce matin, cette pomme que tu as lancée, je n’ai eu que le temps de me retourner pour la voir exploser à la face du Glouton.

Matt haussa les épaules, comme si c’était normal.

— Matt, insista-t-elle, la pomme a explosé ! C’est impossible. Tu as presque sonné le monstre tellement tu l’as lancée fort. Personne ne peut faire exploser une pomme en la jetant au visage de quelqu’un !

— Tu es en train de dire quoi ? Que je suis moi aussi en pleine transformation ?

— Non, je te l’ai déjà dit : il ne s’agit pas d’une transformation, juste d’une modification de tes capacités. La Terre a altéré les fonctionnements des organismes de cette planète, et les Pans n’y échappent pas, sauf que chez nous, cette altération prend la forme d’aptitude particulière à chacun.

Tobias désigna son ami :

— Il a développé sa force, c’est ça ?

Ambre acquiesça.

— Et je vais aller plus loin : je me demande si la faculté que nous développons ne serait pas liée à un besoin. Tu avais besoin de force pour récupérer de ton coma, c’est une force surhumaine que tu es en train d’obtenir. Moi j’étais… perturbée par autant de changements et depuis cinq mois je n’ai pas arrêté d’avoir la tête ailleurs, je devenais encore plus maladroite qu’avant, et pour prévenir cette maladresse, je développe une disposition à la télékinésie. J’ai demandé tout à l’heure si Sergio avait eu des corvées récurrentes et vous savez ce qu’on m’a répondu ?

— Il devait allumer les bougies ? proposa Matt sans conviction.

— Bingo ! Comme il est grand, on lui a demandé de faire du feu, et d’entretenir les lanternes. Depuis cinq mois il n’arrête pas d’allumer et d’éteindre des mèches, du coup il parvient à faire émerger des flammes en une seconde, et je parie que d’ici quelques semaines il n’aura plus besoin de frotter deux silex !

— Tu crois qu’on peut acquérir plusieurs compétences particulières ? s’enthousiasma Tobias.

— J’en serais étonnée. Tout ce changement doit chambouler une large partie de notre être, de notre cerveau, je doute qu’on puisse s’enrichir ainsi à l’infini, question de place là-dedans (elle tapota sa tempe) et d’encaissement, mais on verra bien.

— Et moi alors ? Je vais développer quelle faculté ? s’inquiéta Tobias.

Ambre et Matt le dévisagèrent.

— Je ne sais pas, avoua-t-elle. Et je ne pense pas qu’on puisse contrôler cette altération. On le saura lorsqu’elle se manifestera. Elle semble prendre du temps chez certains.

— Si j’ai vraiment cette force, il faut que j’apprenne à la maîtriser.

— Avec ce que j’ai vu ce matin, je peux te garantir que tu l’as vraiment ! Et ça expliquerait que tu aies été si rapide à te remettre de cinq mois de lit. Il faut qu’on fasse des exercices, je vais y réfléchir, afin de solliciter notre altération et d’apprendre à s’en servir.

— Il y en a pour des mois ! se désespéra Tobias.

— Peut-être, mais si on doit vivre avec, toute notre vie, ça en vaut la peine !

Une trompette se mit à rugir au loin. Deux notes répétées, une grave suivie d’une aiguë.

— L’alerte, gémit Tobias.

— Ça correspond à quoi ? s’affola Matt.

Ambre répondit la première, en se levant :

— Que le guetteur du pont a aperçu quelque chose à la lisière de la forêt. Une note grave et une note aiguë. Quelque chose d’inamical.

— Il faut y aller, lança Matt en se redressant à son tour.

— Attendez. N’oubliez pas que pour l’instant tout ce que nous déduisons sur l’altération doit rester entre nous, d’accord ?

Ils approuvèrent et filèrent à toute vitesse vers le pont.

Autre-monde 1 - L'Alliance des Trois
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